LES KAMI
divinités shintoïstes issues de la mythologie japonaise
- Article mis à jour le 25/03/2026 -
En japonais, le terme kami désigne les divinités, les esprits ou les entités spirituelles vénérées dans la religion shintoïste.
Il peut s'agir de dieux, d'esprits de la nature, d'esprits d'ancêtres ou même de personnes divinisées après leur mort. Ils sont considérés comme des forces sacrées qui habitent les lieux et les objets, et ils peuvent influencer le monde ainsi que la vie des êtres humains.
Ils peuvent apporter la chance, la prospérité, la protection, mais aussi la maladie, les catastrophes naturelles ou la malchance. On cherche donc à les apaiser ou à obtenir leur faveur en effectuant des rituels, des offrandes, et en vivant en harmonie avec la nature. On les met également à l'honneur dans les matsuri, les festivals japonais traditionnels.
On raconte qu'il existe huit millions de kami, un nombre qui symbolise l'infini et la multitude des esprits et des forces dans le monde.
Contrairement à d'autres religions, le shintoïsme est polythéiste et n'a pas de hiérarchie stricte parmi les kami. Chaque kami a son propre rôle et son importance, et les fidèles peuvent avoir des préférences personnelles quant aux kami qu'ils vénèrent.
On retrouve deux catégories distinctes au sein des divinités shintoïstes :
- Les Amatsukami, ou kami célestes, sont les divinités se trouvant au sommet du panthéon japonais. Ils vivent au Takamagahara, ou « la Haute Plaine du Ciel », et se situent donc loin de la Terre et des humains.
- Les Kunitsukami, ou kami terrestres, ne vivent pas au Takamagahara mais sur Terre avec le reste des humains. Ils sont généralement moins puissants et moins influents que les kami célestes, mais ils sont souvent davantage vénérés par le peuple japonais.
Parmi les 300 kami mentionnés dans le Kojiki, certains sont particulièrement vénérés au Japon comme peuvent le témoigner les sanctuaires érigés en leur honneur. Voici quelques uns des kami les plus connus du panthéon japonais ainsi que les mythes les plus populaires qui les concernent.

AMATERASU
divinité du soleil et ancêtre de la famille impériale
Amaterasu est la divinité du soleil et la plus importante divinité de la religion shinto. Elle dirige le monde céleste (Takamagahara) à la suite d'Izanagi, son père et créateur du monde. Selon la mythologie, elle a donné naissance à la lignée de tous les empereurs japonais.
Son nom complet est Amaterasu Omikami, qui signifie littéralement « la grande divinité qui fait briller le ciel ». Elle figure sur le drapeau japonais sous l'apparence du disque solaire, accompagné ou non de ses rayons.
→ Voici l'un des récits les plus célèbres concernant Amaterasu :
Après une violente dispute avec son frère Susanoo, divinité des tempêtes, Amaterasu se retira dans la caverne céleste Amano-Iwato, privant le monde de sa lumière. L'obscurité et le chaos s'abattirent alors sur le monde, les récoltes dépérissant et les humains souffrant du manque de lumière.
Les dieux, cherchant à la faire sortir, organisèrent alors une grande fête devant la grotte. La déesse de la gaieté, Ame-no-Uzume, exécuta une danse provocante qui fit éclater de rire les divinités. Intriguée par ce tumulte, Amaterasu entrouvra la caverne et les dieux en profitèrent pour l'en faire sortir, ramenant ainsi la lumière dans le monde.
→ Exemple de sanctuaire vénérant Amaterasu : le Amano Iwato-jinja à Takachiho ou encore le Ise-jingu dans la préfecture de Mie.

INARI
divinité du riz, de la fertilité et du commerce
Inari est la divinité de la culture du riz, de la fertilité et des affaires, ainsi que la gardienne des maisons (yashikigami). Elle est souvent associée au renard (kitsune), considéré comme son messager, et parfois comme une manifestation de la divinité elle-même.
Les sanctuaires dédiés à Inari sont parmi les plus nombreux au Japon et se distinguent par leurs torii rouges et leurs nombreuses statues de renards.
→ Exemple de sanctuaire vénérant Inari : le Fushimi Inari-taisha à Kyoto, le Yutoku Inari-jinja dans la préfecture de Saga ou encore le Kusado Inari-jinja à Fukuyama.

HACHIMAN
divinité de la guerre
Hachiman est la divinité de la guerre et le protecteur du Japon et du peuple japonais. Il est aussi vénéré pour sa bienveillance.
Il a la particularité d'être un dieu shinto intégré au bouddhisme, devenant ainsi un bodhisattva.
Hachiman est parfois représenté comme un noble guerrier en vêtements de cour, tenant un arc (et pas toujours en armure), accompagné d'un ou deux pigeons blancs, ou parfois assis en méditation, en référence à son aspect bouddhiste.
→ Exemple de sanctuaire vénérant Hachiman : le Tsurugaoka Hachiman-gu à Kamakura ou encore le Usa Hachiman-gu dans la préfecture d'Oita, ou encore le Kanda Myojin à Tokyo.

IZANAGI et IZANAMI
couple divin responsable de la création du monde
Izanagi et Izanami sont un couple de kami célestes considérés comme les créateurs du monde et des îles du Japon. Ils sont également les ancêtres de nombreuses autres divinités shintoïstes.
→ Voici le récit le plus connu concernant Izanagi et Izanami :
Après leur union, Izanagi et Izanami créèrent les îles du Japon, puis donnèrent naissance à de nombreux kami (celui du feu, du vent, de la mer, des montagnes, de la pluie...). Mais lors de la naissance du kami du feu, Kagutsuchi, Izanami fut mortellement brûlée.
Accablé de chagrin, Izanagi descendit au royaume des morts (Yomi) pour la retrouver. Il découvrit alors une Izanami décomposée et entourée de démons. Pris de panique, il prit la fuite. Furieuse, Izanami le poursuivit en hurlant qu'elle tuerait mille vies par jour. Izanagi lui répondit qu'il en ferait naître mille autres quotidiennement.
Ce mythe explique l'origine de la mort et de la naissance dans le monde.
De retour dans le monde des vivants, Izanagi se purifia dans une rivière, ce qui donna naissance à trois grandes divinités :
– Amaterasu, divinité du soleil, née de son œil gauche,
– Tsukuyomi, divinité de la lune, né de son œil droit,
– Susanoo, divinité des tempêtes, né de son nez.
→ Exemple de sanctuaire vénérant Izanagi et Izanami : le Kamishikimi Kumanoimasu dans la préfecture de Kumamoto, le Izanagi-jingu dans la préfecture de Tottori ou encore le Imado-jinja à Tokyo.

TSUKUYOMI
divinité de la lune et de la nuit
Tsukuyomi est la divinité de la lune. Il est le gardien des nuits et des cycles lunaires, et est considéré comme le maître du temps, influençant le cours des saisons et garantissant la prospérité des récoltes. Son nom peut être interprété comme « celui qui lit dans la lune » ou « celui qui contemple la nuit lunaire ».
Il est le frère d'Amaterasu, la divinité du soleil, et de Susanoo, la divinité des tempêtes. Il représente la sérénité froide et distante, par contraste avec la chaleur rayonnante d'Amaterasu.
→ L'un des rares récits concernant de Tsukuyomi est le suivant :
Amaterasu envoya Tsukuyomi assister à un banquet céleste organisé par Uke Mochi, la déesse de la nourriture. Celle-ci fit apparaître de la nourriture de sa bouche, de son nez et d'autres orifices, ce que Tsukuyomi trouva répugnant et irrespectueux, et il la tua sur place. Amaterasu, furieuse, décida de ne plus jamais voir Tsukuyomi.
Ce mythe explique symboliquement pourquoi le soleil et la lune ne sont jamais dans le ciel en même temps.
→ Exemple de sanctuaire vénérant Tsukuyomi : le Tsukuyomi-jinja à Kyoto.

SUSANOO
divinité des tempêtes et des océans
Susanoo est la divinité des tempêtes et des océans. Il est également associé aux champs et aux récoltes, et parfois vénéré comme un dieu de l'amour et du mariage.
Vivant au départ dans le monde céleste, il fut banni du ciel et exilé sur Terre. Il est le frère d'Amaterasu, la divinité du soleil, et de Tsukuyomi, la divinité de la lune.
C'est une figure ambivalente : il est impulsif, bruyant, violent et désobéissant mais aussi courageux, purificateur, protecteur et héroïque. Il incarne la force brute de la nature, en particulier les tempêtes, les typhons et les flots déchaînés.
→ Voici l'un des épisodes les plus célèbres de la mythologie japonaise :
Susanoo fut banni du ciel pour sa conduite violente. Avant d'être exilé, il rendit visite à sa sœur, Amaterasu. D'abord en paix, ils accomplirent un rituel d'échange d'objets sacrés puis il devint instable : il détruisit les rizières célestes et jeta un cheval mort dans la salle de tissage d'Amaterasu. Terrifiée, se cacha dans la caverne céleste (Amano-Iwato), plongeant le monde dans l'obscurité.
→ Et voici le mythe de Susanoo et du dragon Yamata no Orochi :
Lors de son exil sur Terre, Susanoo arriva dans la province d'Izumo. Il y rencontra un couple de divinités en pleurs : leur dernière fille allait être dévorée par Orochi, un terrible dragon à huit têtes, qui avait déjà emporté leurs sept autres enfants. Susanoo promit de la sauver, à condition de pouvoir l'épouser.
Il élabora donc un plan : il disposa huit tonneaux de saké très fort pour enivrer le monstre. Une fois Orochi endormi, Susanoo le découpa en morceaux. Dans la queue du dragon, il découvrit une épée divine : la Kusanagi-no-Tsurugi, l'un des Trois Trésors sacrés du Japon. Il l'offrit ensuite à sa sœur Amaterasu, en signe de réconciliation.
→ Exemple de sanctuaire vénérant Susanoo : le Susa-jinja dans la préfecture de Shimane, le Kumano Hayatama Taisha dans la préfecture de Wakayama.

RAIJIN et FUJIN
divinités du tonnerre et du vent
Kaminari (plus généralement connu sous son appellation bouddhiste Raijin) et Fujin sont respectivement les divinités du tonnerre et du vent.
Souvent représentés ensemble, ils symbolisent les forces de la nature et les tempêtes :
- Raijin, représenté comme un démon musclé au visage agressif (le plus souvent rouge), porte des tambours (taiko) sur son dos, qu'il frappe pour créer le tonnerre. Associé à la pluie, il est donc indirectement protecteur des récoltes. Il ressemble à une figure guerrière et sert de gardien en protégeant l'entrée des temples et sanctuaires.
- Fujin, également représenté comme un démon (le plus souvent vert), porte un sac rempli de vent sur ses épaules, qu'il ouvre pour libérer brises, bourrasques et tempêtes. Il contrôle les vents, les typhons et les courants. Peu vénéré en tant que divinité seule, il est le plus souvent représenté aux côtés de Raijin.
Raijin représente la force destructrice, bruyante et éclatante, tandis que Fujin incarne la force invisible, imprévisible et insaisissable. Ensemble, ils représentent le pouvoir chaotique mais vital de la nature.

















































