
Ginzan Onsen et Yamadera : une journée au cœur de Yamagata
Après une nuit magique à Naruko Onsen, le road trip à travers le Tohoku continue en direction de la préfecture de Yamagata.
Lors de cette journée, je suis partie à la découverte de deux lieux très différents mais tout aussi emblématiques de la région : Ginzan Onsen, un charmant village thermal aux airs de Japon d'autrefois, puis le Yamadera, un temple mystique perché dans les montagnes.
Départ de Naruko Onsen et achat de ma première kokeshi
Après avoir passé une excellente nuit au ryokan Yumoto Kissho de Naruko Onsen, nous avons découvert la magnifique vue sur le village qu'offrait la fenêtre de notre chambre. Étant arrivés la veille au coucher du soleil, nous n'avions pas vraiment eu l'occasion d'en profiter.
Je suis allée profiter une dernière fois des bains publics, à l'aube. À cette heure-là, il n'y avait absolument personne et l'atmosphère était particulièrement paisible. Ce petit moment hors du temps reste l'un de mes meilleurs souvenirs du séjour.
Comme les glaces à l'eau proposées la veille, une petite boisson probiotique était disponible en libre-service à la sortie du bain. C'est une petite attention bien appréciable que l'on retrouve assez souvent dans les ryokan et certains établissements thermaux japonais.
Nous avons ensuite savouré un excellent petit-déjeuner buffet avant de procéder au check-out et de quitter notre belle auberge.
Nous avons repris la route en direction de notre prochaine étape : le célèbre village thermal de Ginzan Onsen.
Avant de quitter Naruko Onsen, nous avons fait un petit arrêt au Iwashita Kokeshi Museum pour y faire quelques achats. J'y ai notamment trouvé plusieurs kokeshi fabriquées dans la région ainsi que quelques autres souvenirs locaux (divers objets en bois et magnet kokeshi).
Les kokeshi sont des poupées traditionnelles japonaises en bois, caractérisées par leur corps cylindrique et leur tête ronde. Elles sont tournées puis peintes à la main par des artisans appelés kojin.
Elles sont vendues comme souvenirs dans les stations thermales et sont devenues de véritables objets d'art populaire. Chaque région a développé son propre style, avec des formes, des motifs et des couleurs distinctifs.
→ Je vous invite d'ailleurs à parcourir mon article sur les souvenirs typiquement japonais qu'on peut retrouver au Japon.
Nous nous sommes également brièvement arrêtés à la Naruko Rest House, qui est le point de départ des randonnées menant aux gorges de Naruko, afin de prendre quelques photos.
Les gorges de Naruko (Naruko Kyokoku) comptent parmi les paysages naturels les plus spectaculaires de la préfecture de Miyagi.
Creusées par la rivière Otani, elles offrent des falaises abruptes entourées d'une dense forêt. Le site est particulièrement célèbre en automne, lorsque les érables se parent de couleurs flamboyantes.
Ginzan Onsen : un village thermal hors du temps
Nous avons ensuite roulé pendant un peu plus d'une heure à travers la campagne japonaise et les montagnes avant d'atteindre les environs de Ginzan Onsen. On a parcouru des paysages vraiment magnifiques et on a fait plusieurs arrêts photo sur la route.
Quelques kilomètres avant d'arriver au village, nous sommes tombés sur un tout petit temple, le Yakushi-ji. J'ai décidé de m'y arrêter afin de demander un goshuin. Une adorable petite dame nous a accueillis et a réalisé la calligraphie avec beaucoup de soin. Elle nous a même offert un umaibo, un petit snack salé très populaire auprès des enfants japonais... mais aussi des adultes !
J'ai pu échanger quelques phrases en japonais avec elle et ce fut l'un de ces petits moments imprévus qui rendent un voyage encore plus mémorable.
Après cette très agréable pause, nous avons rejoint le parking du Taisho Romakan, situé à l'extérieur du village de Ginzan Onsen.
Ginzan Onsen est une station thermale de très petite taille. Particulièrement célèbre en hiver, lorsque le village se pare d'un épais manteau de neige, Ginzan Onsen offre une atmosphère presque hors du temps. Même si cela n'a jamais été confirmé par l'auteur, on raconte d'ailleurs que le charme de ce village aurait inspiré certains décors du film Le Voyage de Chihiro.
Les visiteurs qui ne passent pas la nuit à Ginzan Onsen doivent laisser leur véhicule en dehors du village, au niveau du parking du Taisho Romankan (où l'on retrouve le Centre d'information touristique de Ginzan Onsen, une boutique de souvenirs et un restaurant).
Pour rejoindre le village, il faut ensuite emprunter une navette payante (500 JPY l'aller-retour) qui parcourt les derniers kilomètres.
Le village se compose d'une unique rue piétonne longeant la rivière, bordée de bâtiments en bois datant de l'époque Taisho (1912 - 1926) et début Showa (1926 - 1989). La plupart d'entre eux abritent des ryokan, des auberges japonaises proposant hébergement et bains thermaux, mais on y trouve également quelques boutiques de souvenirs et restaurants.
Le long de la rivière qui traverse le village, plusieurs ashiyu invitent les visiteurs à tremper leurs pieds dans l'eau chaude des sources. Attention : l'eau est brûlante, car elle provient directement des sources thermales du village ! Personnellement, je n'ai pas pu rester plus que quelques secondes...
Ginzan Onsen ne compte qu'une douzaine de ryokan, ce qui limite le nombre de visiteurs pouvant passer la nuit sur place à environ 300 personnes.
Cette faible capacité participe au charme du village et permet d'éviter le tourisme de masse, mais il est souvent nécessaire de réserver plusieurs mois à l'avance, en particulier pendant l'hiver.
À l'extrémité de Ginzan Onsen, on retrouve la cascade Shirogane, une jolie chute d'eau de 22 mètres.
Un petit sentier permet de grimper sur la gauche de la cascade et une fois en hauteur, l'ambiance change complètement. La plupart des visiteurs restent dans les rues de Ginzan Onsen et le calme devient presque absolu. En poursuivant notre marche pendant une dizaine de minutes, le long de la rivière et à travers plusieurs volées d'escaliers, nous avons finalement atteint l'entrée de la Silver Mine Cave.
La Silver Mine Cave (Ginzan-do) est une ancienne galerie minière à l'origine de la naissance et de la prospérité de Ginzan Onsen.
Le nom « Ginzan » signifie d'ailleurs littéralement « montagne d'argent », en référence aux importantes mines d'argent exploitées dans la région à partir du XVIe siècle.
La grotte est assez vaste et offre une fraîcheur particulièrement agréable. Il faisait très chaud à l'extérieur et, à plusieurs endroits du chemin, des fissures dans la roche laissaient s'échapper de puissants courants d'air presque glacés provenant des galeries souterraines. Cette fraîcheur était plus que bienvenue après la montée et nous avons pris le temps d'en profiter avant de redescendre.
Nous avons ensuite fait le chemin inverse pour retourner au cœur du village, reprendre la navette et récupérer notre véhicule de location afin de reprendre la route vers notre prochaine destination.
En chemin, nous avons été déjeuner chez Sukiya, la célèbre chaîne de restaurants spécialisée dans le gyudon. La rapidité du service et les prix pratiqués sont imbattables : pour moins de 800 JPY, il est possible de profiter d'un menu complet comprenant un gyudon, une soupe, une salade et une boisson. Et en plus, c'est délicieux ! :D
Très populaire au Japon, le gyudon se compose d'un bol de riz recouvert de fines lamelles de bœuf mijotées, auxquelles peuvent s'ajouter différents accompagnements comme des oignons, du kimchi, du fromage ou encore un œuf.
→ Je vous invite à découvrir mon article sur les restaurants et spécialités culinaires japonaises dans la partie "Se restaurer" du blog.
Le Yamadera, le temple aux 1045 marches
Après encore un peu de route, nous sommes arrivés aux alentours de 15h au pied du Yamadera, dont le nom officiel est Risshaku-ji. Il s'agit de l'un des temples les plus célèbres de la région du Tohoku.
Nous nous sommes garés sur l'un des petits parkings au niveau de la ruelle principale du village avant de commencer l'ascension par l'entrée principale du temple, située tout à l'Est du site.
Fondé en 860 par le moine Ennin, le temple est construit à flanc de montagne et se compose de nombreux bâtiments disséminés au milieu d'une majestueuse forêt de cèdres.
Pour atteindre son point de vue le plus emblématique, il faut gravir plus de mille marches de pierre.
Plus précisément... 1 015 marches ! Heureusement, plusieurs panneaux jalonnent le parcours et indiquent régulièrement le nombre de marches déjà gravies ainsi que celles qu'il reste à monter. De quoi se motiver tout au long de l'ascension... ou réaliser que le sommet est encore loin ! Haha ! :D
L'ascension demande un certain effort, mais la récompense est largement à la hauteur. Le sommet du temple est marqué par un large bâtiment qui cache un immense Bouddha doré (photos malheureusement interdites). En prenant notre temps, on a mis une petite heure à grimper jusqu'au sommet.
La vue depuis le pavillon d'observation est magnifique et la montée elle-même constitue une expérience à part entière. Le sentier serpente à travers la forêt dans une atmosphère presque mystique, ponctué de petits pavillons qui permettent de reprendre son souffle !
J'en ai également profité pour récupérer les différents goshuin proposés tout au long du parcours. Ceux obtenus à l'entrée et au sommet du temple sont réalisés à la main devant les visiteurs, les autres sont proposés sous la forme de feuilles calligraphiées à coller soi-même dans son goshuin-cho, le carnet destiné à les collectionner.
Nous avons profité du panorama pendant un bon moment avant d'entamer la descente. Si celle-ci s'est révélée beaucoup plus rapide que la montée, elle a aussi été bien plus éprouvante pour les jambes. À force d'enchaîner les marches rapidement, mes mollets commençaient sérieusement à protester et tremblaient encore lorsque nous avons enfin rejoint le pied de la montagne.
Juste avant de quitter le Yamadera, on retrouve une grande porte en bois comportant trois passages différents. Selon une tradition locale, chaque passage est associé à un souhait différent : choisir son passage constitue ainsi le dernier geste symbolique de la visite.
- le passage de gauche est lié à la santé et à la longévité,
- celui du milieu à la réussite et à l'accomplissement des souhaits,
- tandis que le passage de droite est associé à la sécurité familiale et à la prospérité.
→ Si vous ne souhaitez pas louer de voiture, il est possible de faire une excursion passant par Ginzan Onsen et le temple Yamadera depuis Sendai par exemple.
Nuit dans la ville de Yamagata
Nous avons ensuite repris la voiture pour nous rendre dans la ville de Yamagata où se trouvait notre logement pour la nuit, le Daiwa Roynet Hotel Yamagata Ekimae.
Nous avons également fait un arrêt au BOOK OFF de Yamagata, qui s'est révélé être une véritable caverne d'Ali Baba pour les amateurs de Pokémon. Les rayons regorgeaient de peluches, figurines et produits dérivés en tout genre, et à des prix incroyablement bas. Impossible de résister à la tentation : je suis repartie avec bien plus d'achats que prévu... mais à ce tarif-là, difficile de résister.
Pour le repas du soir, nous avons enfin testé une chaîne de restaurants qui me faisait envie depuis longtemps : Gyukaku. Il s'agit d'un restaurant de grillades où les clients cuisent eux-mêmes leur viande sur un barbecue intégré à la table. L'enseigne propose des formules à volonté ainsi qu'un service à la carte.
Nous avons opté pour la formule « Gyukaku Course », à 4 200 JPY par personne, comprenant 90 plats différents à tester.
Une fois la formule choisie, il suffit de commander les plats souhaités via une tablette disponible en anglais. Le choix est très vaste : différentes viandes (bœuf, porc, poulet), des morceaux classiques mais aussi des pièces plus insolites comme certains abats et spécialités japonaises, sans oublier de nombreux légumes à faire griller, tels que le maïs ou les patates douces.
Ce fut une belle découverte et nous y reviendrons sans hésiter lors de prochains voyages ! :D


































